chibi tsuki, grandeur miniature

quelques mots, quelques images, instantanés d'existence.

mardi 27 janvier 2009

janvier 1992

janvier_1992

Janvier 1992. Avenue Jean Moulin, n°40.

Du haut de mes 2 ans, je suis fièrement assise sur un de ces deux fauteuils. Ni rouges, ni marrons. Ceux qu'on a déménagé dans notre nouvelle maison, mais sur lesquels je vais toujours m'installer. Surtout dans celui dos à la fenêtre, comme ils étaient placés dans notre ancienne maison. On avait du me poser là, le dos contre un coussin (peint par mamie, c'est certain). J'aime bien ce sourire. Spontané. Clic clac, c'est dans la boîte.

Je me souviens du jour du déménagement. J'avais 7 ans, et j'était "trop petite pour déménager". J'étais assise sur le banc contre la façade, dans l'angle de la terrasse, et pleurais à chaudes larmes cette petite maison que j'aimais tant. qui était fin de compte à mon échelle. Le parquet, le tapis beige du salon, juste à côté du poêle. Les cousins et les grands parents pas bien loin. La fenêtre au dessus de mon lit et les vols d'hirondelles les soirs d'été. Quand j'y repense, nous n'avons même pas changé d'avenue dans le village.

Tiens ... en 1992, nous n'avions pas encore la télévision et je n'étais pas encore à l'école. Mais sans doute de quoi nous occuper et des grands parents aux petits soins. A gauche, sur la photo, le buffet, sur lequel trône alors la crèche de Noël. Je m'imagine dans les bras de mon père pour être à la hauteur du meuble et admirer cette mise en scène de papier. Janvier ? Maman n'allait pas tarder à l'enlever. Au premier plan, le tabouret en osier, qui naviguait entre salon et salle de bain. La maison n'était pas très grande en effet. Après un passage dans notre nouvelle maison (et notamment la salle de bain) il a fini sa vie dans ma chambre. Je ne m'asseyait plus dessus, de peur que l'osier ne cède. Mais il m'avait fallu un moment pour m'en séparer.

Derrière moi, au travers la fenêtre, le jardin. Notre royaume, à mon frère, mes cousins et moi, la petite dernière. Les heures qu'on a pu passer entre le jardin et la terrasse ... Je me souviens surtout du vélo jaune avec les petites roues à l'arrière. Mais c'est plus confus pour le bolide bariolé appuyé sur la fenêtre. Le jardin, c'était aussi les repas, l'été, sur la table blanche. Et ces grandes fleurs blanches qui se refermaient à la tombée du jour, rendant prisonniers quelques insectes trop téméraires. C'est fou comme les arbres ont pu grandir. Aujourd'hui, les branches du sapin viennent effleurer le puits, et le tronc du murier de chine est bien plus robuste. Difficile de se rendre compte lorsqu'on pousse en même temps qu'eux. Le pull que je porte avait du passer par les plus "grands" de la famille avant moi. Était-il tricoté par mamie ? Peut-être. Je ne me souviens plus.

Et ma bouille ? C'est assez drôle de me dire que j'ai fini par avoir la même coupe de cheveux. Les mèches blondes ont disparues mais les bouclettes sont toujours là. La ressemblance n'est sans doute pas frappante. Mais je me reconnais dans cette photo, ce cadre. Le fauteuil, la fenêtre, le jardin, et tout le reste.

Posté par chibi tsuki à 15:22 - vivre - Commentaires [1] - Permalien [#]
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Commentaires

    merci de nous faire partager un peu de ces souvenirs
    (si seulement je savais m'exprimer comme tu le fais)

    Quoi qu'il en soit on te reconnait bien sur cette photo

    A part ça, je sais pas si t'as écouté mon message, mais j'ai bien reçu tes petits cadeaux qui m'ont fait très plaisirs, merci beaucoup ^^

    Posté par Shanya, mardi 27 janvier 2009 à 22:07

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